De nuit entre Liège et Sarrebruck

Andreas Schindler

Série

Sujets

  • Architecture et Urbanisme
  • Paysages et Écologie


Tags

  • Acceptations 2020
  • Captures depuis 2010
  • Monochrome
  • Travail libre


Statement

Mon parcours a commencé au sud de la ville de Liège. Je l’avais élaboré « par la route », ayant délibérément choisi de ne pas emprunter les autoroutes ni les nouvelles rocades ou les quatre-voies. Il en est résulté un parcours pas tout à fait logique. En vérité, l'itinéraire ou le parcours représentait une vaste bande entre Liège et Sarrebruck, ce qui permettait de prendre des photos hors des sentiers battus. J'ai en partie conduit sur un terrain qui m'était absolument inconnu. Il n'y a eu aucune recherche sur l'itinéraire en ce qui concerne la prise de photos. Bien sûr, il a fallu planifier la durée, la distance et le temps.

Étant donné que l'itinéraire prévu était long d'environ 350 km et donc impossible à réaliser en une nuit, je l'ai divisé en plusieurs tronçons, et j’en ai rejoint le point de départ en partant de chez moi, au nord-ouest du Luxembourg. Les photographies des différentes sections n'ont donc pas été prises dans l'ordre chronologique. J'ai pris les premières photos en mars 2019, les suivantes en automne / hiver 2019 / 20. En raison des mesures pour la pandémie de COVID-19, tout a été retardé au printemps 2020 et déplacé à l'été. Cela a impliqué bien sûr des périodes d'obscurité plus courtes la nuit.

Le choix du motif a été initié dans le sens du voyage, c'est-à-dire de Liège à Sarrebruck. Ce que je voyais dans le sens de la marche m’incitait spontanément à m'arrêter. La plupart des prises de vue ont également été faite dans cette direction, bien qu'il ne soit pas exclu que j'aie également positionné la caméra dans la direction opposée si un point de vue intéressant émergeait après que je me sois arrêté. Je ne revenais pas en arrière lorsque je voyais des motifs dans mon rétroviseur.

Je me suis largement abstenu de visiter consciemment des lieux touristiques ou d'y prendre des photos. Néanmoins, je ne me suis pas abstenu de le faire si mon itinéraire passait par de tels endroits et s'ils me semblaient avoir un sens pour la région. Les photos des chars nocturnes M10 « Wolverine » au-dessus de la ville de La Roche-en-Ardenne et devant la ville lorraine de Veckring ont été prises parce que les « Wolverines » ainsi que les « Shermans » (et autres équipements de guerre) se trouvent disséminés dans la Grande Région et rappellent la libération. Sinon, j'évitais les monuments de guerre comme sur la colline de Mardasson près de Bastogne.

Au cours de ce voyage, j'ai également exclu les prises de vue en centre-ville à Liège, Luxembourg, Metz, Sarrelouis et Sarrebruck, car l’exercice consistait à photographier « par la route ». Néanmoins, j'ai pris des photos qui soulignent l’urbanisation rampante de la campagne (sortie Liège, entrée Berelange de la ville de Luxembourg, Am Ludwigsberg Saarbrücken).

Comme tous les chats sont gris la nuit, c'est-à-dire que l'œil humain devient de plus en plus daltonien avec l'obscurité croissante, j'ai décidé de montrer les images en monochrome, car c'est ce qui se rapproche le plus de la vision humaine la nuit.

Une autre raison est le fait que l'éclairage public en Belgique, au Luxembourg et en France est presque entièrement constitué de lampes à vapeur de sodium basse pression, qui promettent la plus grande efficacité lumineuse mais font apparaître tout ce qui les entoure en jaune-orange. En Allemagne, cela n'est généralement pratiqué qu'aux carrefours ou aux embranchements routiers, ce qui conduit souvent à un mélange de lampes « jaunes » et « blanches ». Cet effet se produit également à l'heure actuelle lorsqu'on passe des lampes à vapeur de sodium basse pression aux LED. En tout cas, je trouve la lumière jaune-orange sur les photos en couleur très perturbante et inesthétique, surtout quand le temps devient un peu brumeux et/ou qu'elles sont en concurrence avec d'autres sources de lumière.

 

Date de création de la série: 03.2019 - 09.2020